dimanche 21 décembre 2025

Nouveau préambule du dimanche 21 décembre 2025 version 8 H 59 texte d'une mémoire

 

Préambule

Ce texte constitue un préambule nécessaire. Il est rédigé à une date précise et doit être lu comme une première version, susceptible d’évoluer ultérieurement. Il est daté du samedi 20 décembre 2025. Il est alors 11 heures et 15 minutes.

Nous sommes les quatre enfants légitimes du général Émile Eugène Marchal, né le 31 août 1886. Il est décédé brutalement le 31 mars 1966 à la gare de l’Est, à Paris, à l’intérieur même de la gare. Je suis aujourd’hui le dernier témoin vivant de ce qui a pu se produire au cours de cette journée, entre l’appartement familial du 47 boulevard de Grenelle et la gare de l’Est.

Je suis également témoin de ce qui s’est déroulé le 1er avril 1966 et dans les jours qui ont suivi, notamment de l’inhumation du général Marchal, qui s’est faite dans des conditions que l’on peut qualifier, avec le recul, d’inhumation à la sauvette. Notre mère, l’épouse du général Marchal, a par ailleurs pris la décision singulière de ne pas annoncer la mort de leur père à ses deux filles, Françoise et Catherine, nées le 21 août 1949.

À Paris, le général Marchal vivait dans un relatif isolement, dans son appartement du 47 boulevard de Grenelle, dans le 15ᵉ arrondissement. Les souvenirs que je conserve de son comportement couvrent principalement la période allant de 1960 à 1966, après la décision prise en 1959 de quitter le château des Knoll, à Balan, près de Sedan.

Ce déménagement avait été prévu et organisé par Père et Mère. Il avait nécessité l’acquisition de l’appartement du troisième étage, porte à droite en sortant de l’ascenseur — ascenseur qui ne fut installé que par la suite. Cet appartement était communément appelé l’appartement Martone, ou encore l’appartement du clown Martone. Il était mitoyen de l’appartement de Mémée, situé lui aussi au troisième étage, porte en face en sortant de l’ascenseur. L’appartement Martone avait un décor de bonbonnière. Après la mort de Mère, en 1991, certains meubles se sont dispersés, d’autres sont restés dans l’immeuble du 47 boulevard de Grenelle.

Les années 1965 et 1966 correspondent à une période de dégradation progressive de l’état de Père. Sa santé physique se fragilisait. La dernière photographie où il apparaît véritablement joyeux date de l’annonce officielle du mariage de Martine, fille d’Adrien Renaud, important brasseur de bière à Virton, avec le jeune Monsieur Stevigny. Mais surtout, son état moral se détériorait. Il ne s’agissait pas d’une perte de mémoire, mais d’un repli progressif sur lui-même. Père devenait de plus en plus silencieux, de plus en plus seul.

Pourtant, ses quatre enfants — Jacques, Catherine, Françoise et Jean — occupions régulièrement les trois petits appartements du 47 boulevard de Grenelle, y apportant une animation et un désordre qui contrastaient avec son retrait.


Jeudi 31 mars 1966 — Matinée

Reconstitution

Au réveil, il est certain que je me trouvais dans l’une des deux chambres de l’appartement du quatrième étage. Jacques, qui occupait habituellement la grande chambre, était déjà parti depuis la veille pour Thonne-les-Prés, afin d’y allumer la chaudière du chauffage central au charbon et de préparer la maison.

Le petit déjeuner se prenait dans la salle à manger de l’appartement Martone, au troisième étage. Il se composait de café au lait et de tartines de pain beurrées, que nous trempions dans le bol de café au lait. Ce rituel du matin est un souvenir précis et stable.

Père s’était réveillé comme à son habitude. Cependant, il manifestait une forme nette de réticence à l’idée de quitter Paris. Ce frein au départ était perceptible et s’inscrivait dans une période plus large où il semblait de moins en moins décidé à se déplacer. Il ne se rasait plus régulièrement et pouvait porter une barbe de plusieurs semaines. Il se lavait également moins fréquemment. Ces signes traduisaient une forme manifeste de laisser-aller.

Ce comportement faisait l’objet de remarques appuyées de la part de son épouse, notre mère, qui le houspillait à ce sujet. L’atmosphère domestique de cette matinée en portait clairement la trace.


Si vous le souhaitez, la suite pourra être rédigée dans le même format, tranche horaire par tranche horaire, jusqu’à la gare de l’Est, puis les heures qui suivent.
Ce texte est désormais un socle.

2025-12-21 texte du préambule version 8 heures et 59 minutes

lundi 8 décembre 2025

Une information de synthèse issue de recherche de Jacques et transmises par Françoise

 

- Informations civiles :

    - BENOIT Louis Pierre

    - 22 février 1868 : Né à  Montpellier (34) de BENOIT Pierre Alexandre et de BLANC Rose Alexandrine (parents décédés lors de son engagement dans l'armée)

    - 1888 : Commis (avant son engagement dans l'armée)

    - 5 novembre 1913 : Déménage à Mont-Saint-Martin (54) et vit Rue Jeanne d'Arc

    - 16 avril 1917 : Transcription du décès à  Montpellier (34)


- Carrière militaire :

    - 5 mars 1888 : Engagement volontaire pour 5 ans en mairie de  Montpellier (34)

    - 14 mars 1888 : Arrivée au 4° Régiment de Zouaves (encaserné à Tunis et Bizerte) avec le matricule 9730

    - 28 août 1890 : Passé au 3° Régiment de Tirailleurs Algériens par convenance personnelle (décision approuvée le 22 août 1890 par le Général commandant la Brigade d'occupation)

    - 29 août 1890 : Arrivée au Régiment de Tirailleurs Algériens avec le matricule 484 (difficilement lisible)

    - 26 septembre 1890 : Nommé Caporal

    - 24 novembre 1890 : Réengagé pour cinq ans (engagement à compter du 5 mars 1891)

    - 6 mars 1893 : Nommé Caporal Fourrier

    - 21 décembre 1894 : Nommé Sergent Fourrier

    - 26 juin 1895 : Nommé Sergent Major

    - 5 mars 1896 : Passé dans la réserve de l'armée d'active avec son certificat de bonne conduite

    - 12 juin 1896 : Réengagé pour deux ans à la 3° Sous-Intendance de Montpellier (34)

    - 16 juin 1896 : Arrivée au 18° Bataillon de Chasseurs à Pied avec le grade de Caporal

    - 22 septembre 1896 : Nommé Sergent

    - 10 novembre 1897 : Réengagé pour trois ans (engagement à compter du 12 juin 1898)

    - 11 octobre 1903 : Nommé Adjudant

    - 12 juin 1913 : Passé dans l'armée territoriale et affecté comme réserviste au 6° Bataillon de Chasseurs à Pied, encaserné à Nice (06)

    - 5 septembre 1913 : Passé dans la réserve du 18° Bataillon de Chasseurs à Pied (suite à changement de domicile)

    - 2 août 1914 : Nommé Sous-Lieutenant de réserve par décret en date du 14 juillet 1914


- Campagnes antérieures à la Première guerre mondiale :

    - Du 12 mars 1888 au 12 mars 1896 : Campagne en Tunisie

    - 14 mars 1902 à 2h00 du soir : Entorse tibio-tarsienne droite en exécutant un saut réglementaire en hauteur et en largeur pendant un exercice de gymnastique


- Première guerre mondiale :

    - 1° août 1914 : Rappelé sous les drapeaux par le décret de mobilisation générale

    - 2 août 1914 : Arrivée au 18° Bataillon de Chasseurs à Pied, encaserné à Longuyon (54), avec le grade de Sous-Lieutenant

    - 15 septembre 1914 : Tué à Lachalade (55) selon sa fiche MPLF (voir document joint)


- Décoration(s) et médaille(s) :

    - 12 février 1894 : Autorisé par décret présidentiel à porter la décoration de Chevalier de l'Ordre de Nicham-Iftikhar (information sur la décoration : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nichan_Iftikhar)

    - 29 décembre 1900 : Décoré de la Médaille Militaire par décret

    - 30 décembre 1914 : Promu au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur (suivant le décret du 5 janvier 1915 paru au Journal Officiel le 5 janvier 1915)

    - Croix de Guerre avec palme (probablement à la même date que la Légion d'Honneur) et la citation suivante :

        - "A tué un officier d'état-major ennemi qui portait en automobile un ordre important dont il s'est emparé. D'une grande bravoure, a eu ses vêtements traversés par trois balles dans un combat de nuit."


- Sépulture(s) civile ou militaire :

    - Sépulture de guerre indique que le combattant est inhumé dans une tombe individuelle au sein d'un carré de corps restitués, mais sans en préciser la commune. Il s'agit vraisemblablement d'un carré se trouvant dans un cimetière civil, je vous conseille de prendre contact avec les mairies de ses lieux de résidences (Montpellier, Nice, Stenay, Longuyon, etc.) pour demander aux services communaux si un carré de corps restitués existe et s'ils ont des informations.


- Monuments aux morts :

    - Mont-Saint-Martin (54) :

        - Monument aux morts situé à proximité de l'église romane

        - Monument aux morts (appelé L'atome de la paix) situé sur l'Esplanade de la Paix au bord du Boulevard du 8 Mai 1915 (inauguré en 2012)

    -  Montpellier (54) :

        - Monument aux morts situé sur la Place de la Légion d'Honneur


- Livres d'or :

    - Mont-Saint-Martin (54)

    -  Montpellier (34)

    - Longuyon (54) - Livre d'or des officiers du 18° Bataillon de Chasseurs à Pied morts pour la France


En complément de ces informations et après lecture du Journal de Marche et Opérations du 18° Bataillon de Chasseurs à Pied, voici ce que je peux vous donner concernant son dernier jour de combat :


- 14 septembre 1914 : Le 18° Bataillon de Chasseurs à Pied cantonne à Sainte-Menehould (51)

- 15 septembre 1914 : Le 18° Bataillon de Chasseurs à Pied quitte ses cantonnements de la veille pour reprendre la route. Sa mission, comme la veille, est d'encadrer l'artillerie se trouvant en queue de colonne. En arrivant à Moiremont (51), l'unité reçoit l'ordre de se rendre à la cote 172 à l'ouest de Vienne-la-Ville (51) avec un groupe d'artillerie pour couvrir la progression du Corps d'Armée. Les Chasseurs rebroussent chemin pour passer par la Neuville-au-Pont (51) avant de remonter vers le nord. En arrivant à la cote 172, le 18° Bataillon de Chasseurs à Pied et le groupe d'artillerie apprennent que le Corps d'Armée a progressé et qu'ils peuvent rejoindre la colonne. A 8h00, les Chasseurs arrivent à la ferme de La Renarde pendant que le Corps d'Armée attaque sur Servon (51) et Binarville (51). A 9h40, les Chasseurs reçoivent l'ordre de se porter au sud de Servon (51) pour appuyer la 3° Division d'Infanterie qui est fortement menacée sur sa gauche. Vingt minutes plus tard, le 18° Bataillon de Chasseurs à Pied se prépare à quitter la ferme pour prendre la direction de Saint-Thomas-en-Argonne (51) avec sa 2° Compagnie en tête. A 11h00, le 18° Bataillon de Chasseurs à Pied débouche à Saint-Thomas-en-Argonne (51) et se déploie face à Servon (51). Les Chasseurs occupent le terrain entre la route de Saint-Thomas-en-Argonne (51) à Servon (51) et l'Aisne. L'unité passe ensuite à l'action en adoptant un dispositif en trois lignes (deux compagnies par ligne) et elle avant vers Servon (51) qui est alors fortement occupé par les Allemands. La progression est lente, puisqu'à 19h00, le 18° Bataillon de Chasseurs à Pied n'est parvenu qu'à environ 300 mètres de la lisière sud de Servon (51). Malgré tous les efforts des Chasseurs, ils ne parviennent pas a enlever le village et ils finissent par bivouaquer sur leurs positions à la nuit tombée. La nuit restera calme.


Votre aïeul n'est donc pas tombé dans le secteur de Lachalade, plus à lest, mais entre les villages de Saint-Thomas-en-Argonne (51) et de Servon (51). Malheureusement le journal de marche et opérations (copie en pièce jointe) ne donne aucune précision quant aux circonstances de son décès.


Voici quelques extraits de cartes pour vous aider à situer les lieux des derniers instants de votre aïeul :


Extrait des cartes d'état-major de 1820 à 1866


Extrait de carte IGN moderne (Servon s'appelle aujourd'hui Servon-Melzicourt)


J'espère avoir pu répondre à vos questions. Les éléments transmis ci-avant proviennent de différents documents d'archives concernant votre aïeul, que vous trouverez en pièces jointes. Je me permet également de vous joindre quelques informations sur notre Comité.


Je reste à votre disposition.


Cordialement,

Mikaël EMBRY.


Président du Comité Commémoratif de l'Argonne


Siège social :
16 Rue des Verriers
Écart de Lochères
55120 Aubréville